été 2009



21 juin des Histoires de lavoir




Printemps brut de brut

Les beaux jours avec Regarde-venir seront consacrés à des ateliers d'écriture autour de l'art brut.

Etonnante rencontre entre art brut et art contemporain: 23 mai après-midi à Grignan autour de l'exposition "je collectionne" qui donne carte blanche à Antoine de Galbert, Fondation de la Maison rouge.

Découverte du Palais idéal du Facteur Cheval en compagnie des surréalistes qui avaient une passion pour ce lieu extraordinaire, le samedi 6 juin à Hauterives, toute la journée.


écrire au sanctuaire de l'art brut....chez Joseph Ferdinand Cheval

Regarde-venir propose le 6 juin 2009
de 10 à 17 heures 30, un atelier d’écriture
au Palais idéal du facteur Cheval
à Hauterives en Nord Drôme ,
près de Romans.


en Mai : écrire au fil du Rhône 3 journées d'écriture découverte


Petite histoire de la naissance des ateliers d’écriture
« Au fil du Rhône »



«Je te cherche, vieux Rhône dans la vorgine touffue de ma mémoire… »

Pourquoi cette phrase chante t-elle dans ma mémoire et m’accompagne t-elle depuis des années… ? Je ne saurais l’expliquer. J’avais même oublié un temps son auteur, Bernard Clavel. Et, pourtant, j’avais aimé « Le seigneur du fleuve ». La vorgine, elle, sort tout droit d’un petit ouvrage de ce même auteur publié chez Actes sud en 1984. J’ai longtemps ignoré le sens de ce mot qui me plaisait puisqu’il ne figurait dans aucun dictionnaire.
Il a fallu cette descente du Rhône de Lyon à Bourg St Andéol : 5 jours de kayak (dans le cadre de l’opération « Rhône, fleuve à suivre » en 2004) pour que, dans une petite anse sans courant bordée d’herbes et de petits saules où je contemplais les amours acrobatiques des libellules, mon co-équipier, Christian, me parle de vorgine. C’était ça, tout simplement cette rive avec quelques arbustes bas…
En kayak, on va partout, on descend le vieux Rhône, loin des bateaux à moteur, on débarque et on porte son kayak pour contourner les écluses à pied. On visite les lônes où la vigne ensauvagée, escalade les arbres et grimpe à plusieurs mètres de hauteur.La végétation est luxuriante, quelques arbres sont tombés dans l’eau. Les carpes font de grands flops. Sur le bord, des traces de castors, puis leur « salle à manger » avec des branches écorcées dans l’eau. On passe à côté d’une héronnière : les jeunes ont quitté le nid mais ne sont partis loin. Les jeunes poules d’eau marchent dans la vase : elles n’ont pas encore le bec rouge mais déjà de grands pieds… De colère, un cygne mâle, rencontré avec sa petite famille, double de volume.
Au bord de l’eau, il y a des noyers, des figuiers parmi les aulnes, les érables et les saules. Les pieds dans l’eau, des iris, des nénuphars à fleurs jaunes. Sur la rive, des épilobes, salicaires et saponaires déclinent toute la gamme de rose à violet et sur les pierriers se dressent des bouillons blancs en pâles chandelles jaunes et des cardères ou « cabarets aux oiseaux », splendides chardons géants.
Le Rhône est magique… et immense. Mais oui, surtout vu au ras de l’eau quand on pagaye tout le jour.
Nous arrivons, brûlés de soleil, courbaturés, épuisés mais heureux, à Bourg St Andéol, début juin : il y a la fête pour nous accueillir sur les quais… Depuis cette époque, je suis amoureuse du fleuve-roi.

J’allais oublier, toute à mes pagaies, un auteur, bien passé de mode et que pourtant j’aime beaucoup : Frédéric Mistral et son poème du Rhône, son lyrisme merveilleux, ses figures inoubliables : l’anglore à la peau dorée et aux yeux de perdrix qui tamisait le sable fin pour en retirer les paillettes d’or, le prince d’Orange et son double le Drac qui vit sous l’eau… J’avoue un faible pour cette histoire qui rejoint les grands mythes fondateurs de notre histoire. Tout fleuve, toute eau profonde a son monstre.
Depuis, j’arpente les bords du Rhône, hiver comme été, familière des milans noir, des aigrettes et des hérons, par basses eaux et par temps de crues, quand le mistral fait des vagues au défilé de Donzère, quand le printemps s’avance et le soir, quand les cormorans rentrent se coucher sur leur île. Je me balade côté Royaume ou côté Empire suivant la hauteur du soleil. Serais-je la dernière à utiliser cette antique appellation pour la rive droite et la rive gauche ? « Pique à l’Empire, tire au Royaume » criaient les bateliers du temps jadis, désignant la rive qui appartenait au Royaume de France et celle qui relevait du Saint Empire Germanique. C’était…, pour ne pas dire de bêtises, je vais replonger dans mes livres d’histoire. En tout cas, le « parler provençal » avait remis mots là dans notre langue, il y a encore une ou deux générations.

Alors voilà, d’où vient cet atelier au Fil du Rhône…
Lors des balades, je vous mènerai dans les îles, au bord des lônes et de l’ancien lit du fleuve, sur les chemins de halage, les sentiers des pêcheurs, je vous conterai la marine à cheval (et oui !), la marine à vapeur, les bacs à traille, les ponts de fil de fer et les premiers pont de pierre, les prises des anciens canaux d’irrigation. Et bien avant, les grottes occupées à la préhistoire, les oppidum gallo-romain, le cadastre romain d’Orange… Et puis les fleurs et les oiseaux : habitués des lieux ou arrivés depuis peu. Il faudra aiguiser votre regard et vos crayons pour le carnet de notes nomades précédant les après-midi d’écriture.

Anne Simonet-Avril